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Dès la fin des années 40 Geo Daly occupe le devant de la scène du jazz en France ; la revue « Jazz Hot » ne manque jamais de relater ses nombreux concerts.

Il est la référence du vibraphone en Europe et Lionel Hampton le tient en haute estime ; lors de l’inauguration du Club qui porte son nom, il a tenu à lui rendre hommage…

 
Geo Daly à l’Alhambra en 1960 - Salle comble - 6 Rappels
photographie : André Lauret
 
 

De Bois-Colombes en passant par Hambourg pour jouer comme Geo Daly, il fallait avoir le feu sacré ! Des heures de musique sous les baguettes ! Et l’envie de faire partager sa passion pour le jazz.

Il apprend l’accordéon en autodidacte à l’âge de sept ans en écoutant Fredo Gardoni.

Vers 14 ans il découvre un autre monde musical, celui de Gus Viseur et peu après du Quartet Benny GOODMAN avec Lionel HAMPTON au vibraphone dans le thème « Opus ½ » cette sonorité ne le quitte pas durant toute la guerre.

En 1939 à l’âge de 16 ans, il devient accordéoniste professionnel et enseigne dans l’école Léon AGEL. Il se produit en quintet swing, très à la mode à l’époque et sera le premier à oser jouer du jazz à l’accordéon après Gus VISEUR.

A 20 ans Geo Daly est répertorié parmi les Vedettes, on lui propose une tournée aux états Unis qu’il refuse pour des raisons familiales, ce sera l’accordéoniste Aimable qui partira à sa place.


mars 1945, Orchestre de Geo Daly avec son cousin André Ross,
1er rang à gh.


Durant l’occupation, il joue en quartet le répertoire de Benny Goodman, dans lequel il reprend les parties de Lionel Hampton à l’accordéon.

Il entre ensuite dans l’armée américaine avant la fin de la guerre.

En 1945, à la libération, Geo Daly achète un vibraphone, rare à l’époque, laissé par un américain et finit ses neuf mois de service comme chef d’orchestre au Club interallié dirigeant l’orchestre du théâtre aux armées américaines.

Dans le pavillon de son oncle qui lui a offert son premier accordéon, il répète des heures entières sur son vibraphone en autodidacte, passionné Geo Daly enregistre son premier 78 tours en 1949 « Nine O’Clock Jump » et « Moonglow » chez Swing.

Dès 1947 il est sur le devant de la scène et en 1948 fait le sujet de nombreux articles spécialement dans la revue « Jazz Hot » dirigée par Charles Delaunay et pour reprendre les termes de Monsieur Michel Laplace, s’impose à l’histoire comme celui qui a introduit la pratique du vibraphone en Europe et qui y fut le premier maître ».




La revue « Jazz Hot »
ne manque jamais
de le relater.



Geo DALY était un grand professionnel, reconnu par les critiques et les musiciens, il était aussi un ami sincère, la référence étant l’orchestre de la « Rose Rouge » où il a joué en vedette à partir de 1949 et qui s’est monté sans intervention de la part de la direction et selon les affinités musicales et amicales des musiciens entre eux, une entente sans précédent dans l’histoire du jazz !

Geo Daly vibraphone, Michel de VILLERS saxophone baryton, intégrant Bernard PLANCHENAULT à la batterie « Monsieur Tempo », Alix BRET à la contrebasse et Christian CHEVALLIER (le plus jeune de l’équipe) au piano.

De 1949-50, il s’est investi pour monter un cycle de jam-sessions, qui a cessé manque de fonds ; Bois-Colombes a été pourvu et durant plusieurs mois, entièrement grâce à lui, du Hot-Club le plus actif de France, à égalité avec Paris, les Dimanches, Geo Daly présentait en début d’après-midi les formations qui allaient jouer trois heures plus tard à Edouard-VII.

La même année il joue en concert avec son orchestre mais également au sein de l’Edward’s Jazz Band du même nom que le théâtre, version américaine, dont Bill Coleman et Don Byas, tous deux installés en France, sont les excellents leaders. Leur point commun le choix du vibraphone de Géo DALY, une époque à laquelle il est influencé par le nouvel esprit « Be-bop », son jeu est direct et pour reprendre les termes de monsieur Franck Tenot « Jazz Hot N° 27 Novembre 1948 » fougueux, dynamique et brillant. Il n’a alors que 24 ans.

De nombreuses tournées suivirent en Allemagne, Suisse et Belgique organisées par Jazz Hot.


1949, Jam session avec Don Byas.



Le 24 novembre 1949 Geo Daly enregistre avec son Quartette formé de Bernard Peiffer au piano, Jean Bouchety à la contrebasse et Roger Paraboschi à la batterie, réédité chez Jazztime.


Le 15 décembre 1949 il intègre le « All stars Français 1950 » pour l’enregistrement d’un 78 tours chez Swing.

Durant la même période Geo Daly participe aux musiques enregistrées pour les documentaires de Jacques-Yves Cousteau dont « Autour d’un récif » conductor André Hodeir, arrangements André Hodeir, réédité chez Vogue.

En 1950 il grave son deuxième 78 tours qui couple « Cobra » et « Cross winds » Swing 343 puis « Odalisque » et « Sunkiss » SW. 348 suivit de « Sonny House » et « Farewel Glance » SW. 367 ainsi qu’un disque Vogue en compagnie de Don Byas « Don Byas et ses rythmes avec Geo Daly au vibraphone ».



Geo Daly et Son Quartette.



A Paris en 1951, à 28 ans alors qu’il est en vedette au Club Saint-Germain, il rencontre Lionel Hampton lors de sa venue à Paris, une amitié naît entre les deux hommes, une admiration et un respect mutuel, lionel l’appelle « My Brother ! »


Photo Jean-Pierre Leloir
Pour Geo Daly La rencontre avec Lionel Hampton, qui fut son modèle, restera le moment le plus émouvant de sa vie de musicien.



Toujours en 1951 La maison Vogue grave le 1er disque 33 tours et choisit « Geo Daly et son Orchestre de La Rose Rouge ».

L’année 1952 il enregistre en duplex, New-York – Paris avec Teddy Wilson et joue « Lover », un de ses chevaux de bataille, pour le disque de Don Byas chez Vogue.

Saisons 1952-53 il est en vedette au « Palm Beach » de Cannes.

de 1949 à 1968 on le retrouve avec sa formation à la « Rose Rouge », au « Vieux Colombier », « Club Saint-Germain » et « Trois Mailletz ».


Geo Daly au Club Saint-Germain en 1951
avec Maurice Meunier, Stéphane Grappelli…



En 1953 il joue dans le disque de « Jack Diéval son sextette et l’orchestre de Jazz de la télévision sarroise » « Jazz Concerto » et en 1954 fait plusieurs séances pour le label « Club Français du Disque » avec Peanuts Holland, suivit de l’album « Blue and sentimental » avec Guy Lafitte (Rééditions en 2000 chez Universal Music, collection « Jazz in Paris »).

le 21 mars 1954 il donne un concert à l’Ecole Normale de Musique avec son quartette et participe au premier concert de Jazz, organisé par Jack Diéval, donné à l’Opéra de Munich en deuxième partie d’« Un Américain à Paris », Geo Daly intervient en soliste devant l’orchestre symphonique, 3000 personnes en habit de soirée (mélomanes attendant impatiemment le musicien de jazz) le trac de sa vie ! Grande impression auprès du public avec six rappels.

En 1955 il enregistre deux séances pour son disque « Geo Daly Trio et Grand Orchestre » avec en trio René Duchaussoir à la guitare et Alix Bret à la contrebasse (Columbia FP 1059).



Enregistrement du disque Geo Daly Trio et Grand Orchestre.



En 1956 il joue sur la scène de L’Alhambra dans le Spectacle de Georges Ulmer avec l’Orchestre d’Hubert Rostaing composé d’Hubert Rostaing, Tony Cosso, Kenny Clarke et Geo Daly.


Spectacle Georges Ulmer.



Toujours en 1956 il se produit avec son quintette au Club des Champs Elysées (Théâtre des Champs Elysées). Suivront ses disques enregistrés chez Président, 1957 « Musique de neige » et 1958 « Musique dans la nuit » dédicacé par Maurice Chevalier.

Toujours en 1958 on peut l’écouter dans l’orchestre de Sidney Bechet au « Vieux Colombier » de Juan Les Pins, en compagnie de Michel Attenoux au saxophone soprano, Jean Bonal à la guitare, Claude Gousset au trombone, Jean Bouchety à la contrebasse et Moustache à la batterie.


Saison au Vieux Colombier de Juan Les Pins.



En octobre 1958 Michel MAGNE présente ses « Œuvres Nouvelles » salle Gaveau, Geo Daly intervient en soliste et accompagne les premiers prix de L’Orchestre National de France. En 1959, il enregistre dans « Le Monde Expérimental de Michel Magne » « Concertino Triple » au studio Barclay (Réédité chez EMI France en 1988).



Du Rififi sous les baguettes !



On l’entend au vibraphone dans les musiques de films comme
« Du Rififi chez les Hommes » de Jules Dassin, musique de Georges Auric avec Aaron Bridgers au piano, Jean-Pierre Sasson à la guitare, Moustache à la batterie...

Les musiques des films du cinéaste Jacques Tati (Tatischeff) « Les vacances de Monsieur Hulot » d’Alain Romans en 1953 puis « Mon oncle » de Frank Barcellini en 1956.


Souvent cité dans les émissions de Jean Christophe Averty, il est interviewé en 1959 sur la 1ère Chaine (ORTF) « Geo DALY en direct du JAZZ CLUB FRANÇAIS ».

De 1950 à 1960 il fait des apparitions régulières dans « Jazz aux Champs Elysées » de Jack Diéval, émission de télévision en Eurovision enregistrée en public dont les musiciens attitrés sont Geo Daly, Gérard Badini, Pierre Lemarchand et Jacques Hess.

En 1959 il rencontre Paule-Andrée Leroy lors d’un spectacle avec Georges Ulmer, son pseudonyme est « Blondine » auteur compositeur, interprète et promue par Eddy Barclay.



Blondine choriste du « Jet Quartet ».



Lors de la mise en service des « Jets » ils se retrouvent sur la ligne d’Athènes en compagnie de Jean Bouchety contrebassiste et Arthur Motta batteur ; ils en viennent à épiloguer sur l’utilisation de chœurs, de voix humaines, comme instruments et décident de travailler ensemble, le nom du quartet est arrêté et prend celui de l’appareil dans lequel ce projet a pris corps.

Un fan Club se forme en Allemagne et une vidéo du « jet » sur scopitone.

En 1960 Geo Daly intervient en tant que soliste dans l’orchestre de Claude Bolling à l’Alhambra, Salle comble six rappels.



Geo Daly à l’Alhambra en 1960. photo : J.P Leloir.



Le 17 décembre de cette même année on le retrouve salle Wagram à l’occasion de la nuit du jazz présentée par Charles Delaunay.

Toujours en 1960, il joue dans la formation d’André Persiany avec Michel de Villers, Georges Lucas et Charles Saudrais.

Le 2 octobre, il partage le très beau disque de son ami Michel « Michel Attenoux et son orchestre Jazztime Paris » gravé à Stuttgart en 1960, un tandem musical riche en solo, pas encore réédité à ce jour.



1961 soirée au Rotary Club d’Abidjan.



En 1962 on l’écoute régulièrement aux 3 Mailletz avec sa formation en compagnie d’André Persiany.








vidéo « Jazz aux 3 maillets »
(fil à film).



Le 19 mars 1966 on l’applaudit au studio 105 de la Maison de l’O.R.T.F avec son quartette.

A la même période il grave un 45 tours chez Sonorop « Geo Daly son vibraphone, son orchestre » session de huit musiciens.







Arrangement sur “flying home”
“The Last For The Road” Geo Daly.



Geo Daly continue d’enregistrer profusément en studio sous le label Sonorop, pour des musiques d’ambiances spéciales radio, télévision et cinéma.

Il monte un show musical, qui dure 3 ans les « Daly’s Jo » intégrant un duo au vibraphone, en compagnie de son épouse Josette Comes à l’origine pianiste et auteur compositeur de variété française.

Dans les années soixante, Geo Daly passe tous les dimanches à la télévision avec Raymond Marcillac et Pierre Spiers.


Entre 1965-66 il est engagé par son ami Pierre « Baro » Ferret pour le disque « Swing valses d’hier et d’aujourd’hui » Jazz gitan produit par Charles Delaunay.

Divertissement musical avec « Les Gros Minets » en 1967, un disque entre copains organisé par Moustache, c’est drôle et ça swingue ! (Emission enregistrée disponible sur le site de l’INA.fr)

Geo DALY est médaillé en 1969, pour ses œuvres par la SACEM, meilleure vente de disques de Jazz de l’année 1956 avec « Geo Daly trio et grand orchestre » et devient sociétaire définitif.



1956 Geo Daly et son orchestre.



Le 31 août 1971, on le retrouve dans une émission radiodiffusée pour la télévision française en compagnie de Dany Doriz, ancien élève de Geo Daly, émule de lionel Hampton, dans laquelle les deux vibraphonistes se réunissent à nouveau pour une « joute » amicale sur « Lover » de Richard Rogers, à deux vibraphones et un marimba avec André Persiany au piano, Jean-François Jenny Clark à la contrebasse et André Céccarelli à la batterie.

En 1978 Geo Daly est l’invité d’honneur de Rhoda Scott à l’Olympia.

De 1975 à 1981 il devient musicien attitré du Méridien de Paris, enregistre un 33trs en public « Moustache présente… Jazz Session au Méridien-Paris avec Michel Attenoux et Geo Daly » et accompagne les vedettes américaines de passage dans la capitale ; des tournées sont organisées en Guadeloupe à Toronto, Houston…



1980 Michel Attenoux et Geo Daly des amis de toujours.



En 1979 il grave deux disques 33trs avec Georges Brassens « Georges Brassens et les petits français » (visible sur le site de l’INA.fr.)

A l’occasion de l’enregistrement un disque d’or est remis à Georges Brassens et toute l’équipe par le maire de Paris, une réception est donnée dans laquelle il retrouve Lionel Hampton qui citera Geo Daly devant toute une assemblée comme son héritier spirituel et ajoutera : « Lui seul peut me remplacer ! »


1951 Lionel Hampton et Geo Daly au Club Saint-Germain.



Après une opération du cœur en 1981, Geo Daly quitte Paris pour Sète.

En 1986 il fait venir son ami Jacques Diéval accompagné de Michel Gaudry pour un dernier concert puis reprend ses compositions qu’il enregistre en studio.


Dernier concert à Sète en 1986.



Geo Daly nous quitte le Mardi 1er juin 1999 à Sète.

Lors de la cérémonie qui a lieu à l’église de Sète, Guy Defatto musicien et père des artistes accompagne son ami une dernière fois.



Carine DALIBON.


1997 Carine et son père à Sète.



Rédaction de la biographie et de la discographie, choix des extraits musicaux et des photos Carine Dalibon.

Il est actuellement possible de télécharger plusieurs vidéos « Geo Daly » sur le site de L’INA.fr, dont l’émission du « Club 58 » enregistrée en public ou il interprète « I Want To Be Happy » avec Raymond Fol au piano, Paul Rovère à la contrebasse, Jean Baptiste « MAC KACK » Reilles à la batterie.

Documentation conseillée sur les lieux « Le JAZZ à PARIS dans les ANNEES CINQUANTE » site Jean Rousseau.

Remerciements à mes proches : Henri-Paul Aknin mon mari, pour avoir retrouvé une partie de la discothèque de mon père, à ma mère et son compagnon Coolie Wermelinger, Mireille Aknin, pour leur soutien.
Remerciements également à Raymond et Francine Fonsèque de la revue Jazz Dixie / Swing ainsi qu’à Bruno Bonté pour le 78 tours du « All Star français 1950 ».